Retour sur la Plénière du Club Inné : La coopération et la discussion du travail

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De nouveaux leviers de performance pour l’entreprise

Le 7 avril dernier, le Club Inné Normandie réunissait ses membres et des curieux pour une plénière consacrée à un sujet au cœur de la robustesse des organisations : la coopération comme ressource stratégique. À travers le témoignage de l’entreprise ABBEI, accompagnée par Amélie Colombel et José Gonçalves avec un éclairage de Samantha Marcolin, nous avons exploré comment le dialogue sur le « travail réel » transforme la gouvernance et la performance économique.

Sortir des silos pour retrouver du sens

Pour Stéphane, directeur de l’ABBEI, l’enjeu initial était de taille : stabiliser une identité bousculée par un changement d’échelle et un secteur très concurrentiel. Face à un certain désengagement et une communication difficile, l’entreprise a choisi de cheminer vers une gouvernance plus démocratique. Le défi ? Passer d’une structure classique à un modèle où chaque voix compte réellement.

La méthodologie de l’enquête : partir du terrain

L’intervention, menée par Amélie Colombel  et José Gonçalves, a privilégié une approche progressive. Avant de toucher aux statuts, il a fallu « enquêter » au cœur des métiers. En réunissant des groupes inter-métiers autour d’objets concrets — comme la préparation d’une réunion de chantier — des compétences cachées ont été révélées.

Cette lecture systémique a permis de briser les silos entre les personnels en insertion, les techniciens et les fonctions support. Le résultat est immédiat : une meilleure compréhension des contraintes de chacun et un chiffrage des prestations plus proche de la réalité du terrain, offrant ainsi un avantage compétitif précieux.

Coopération vs Coordination : un enjeu de santé et de productivité

Samantha Marcolin, psychologue du travail, a apporté un éclairage essentiel sur la distinction entre la coordination (le travail prescrit) et la coopération (le moteur réel). La santé au travail repose sur cette capacité à créer des espaces de discussion ritualisés.

Ces moments ne sont pas de simples réunions d’information, mais des lieux où l’on débat de la qualité, où l’on partage ses pratiques et où l’on construit des solutions d’entraide. Comme le souligne Olivier Blandin, cela suppose une pratique managériale qui accepte de déplacer les enjeux de pouvoir et d’autorité.

Un investissement dans l’immatériel

Le mot de la fin, porté par Sarah Bourget, rappelle que cette mutation stratégique s’inscrit dans le temps long. Transformer une organisation en une structure réflexive demande un accompagnement expert pour repérer les bons objets de discussion.

Le développement des ressources immatérielles — la confiance, la santé, la compétence — devient alors le pilier d’une performance durable. À l’ABBEI, les salariés s’impliquent désormais dans la rédaction des statuts et entrent au capital, prouvant que la démocratie en entreprise est un puissant moteur d’engagement et de pérennité.