Retour sur la Plénière : La robustesse en actes, quand l’EFC soutient la mécanique économique
Le Club INNE a participé (le 5 mars 2026) à la troisième plénière des acteurs normands qui accompagnent des entreprises et des projets dans la transition écologique. Sur proposition des organisateurs, nous avons eu l’occasion de dialoguer avec Olivier Hamant. Ci-après, un petit article pour revenir sur la discussion.
Un constat partagé sur les limites du monde
Le monde est aujourd’hui à bout de souffle et un seuil critique est atteint. Nombreux sont ceux qui reconnaissent la nécessité de changer de modèle économique, en premier lieu des dirigeantes et dirigeants qui cherchent à agir à leur niveau, testent des pas de côté, cherchent à peser moins sur la planète…
Comment faire pour assurer à la fois une dynamique économique qui préserve la planète, le vivant et qui soit tenable pour les entreprises ? C’est à la fois une nécessité, un véritable challenge et une prise de risque.
Lors de cette rencontre, Olivier Hamant, biologiste, nous a proposé de placer les entreprises sous le signe de la robustesse en sanctuarisant le déjà-là, en renforçant l’autonomie et l’ancrage territorial, en innovant par la coopération, et en portant une attention plus centrale aux besoins réels.
C’est une perspective enthousiasmante qui invite à interroger quant à la mécanique économique concrète qui permet de soutenir cette ambition.
C’est à cela que s’attelle le Club INNE à partir du référentiel de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération qui offre les outils opérationnels, pratico-pratiques, pour traduire cette intention en trajectoires de développement concrètes.
Mettre l’économie en mouvement
Notre boussole ? La valeur réelle plutôt que le volume.
Pour tendre vers cette « robustesse », nous opérons des « pas de côté » fondamentaux à travers trois principaux leviers :
1 – Découpler le volume de la valeur pour réduire les impacts matière et énergie
L’objectif est de trouver des leviers de croissance qui ne soient plus assis sur le volume. Produire « moins » pour « plus de valeur » suppose d’évoluer vers une trajectoire servicielle. En développant des solutions intégrées, nous remontons aux besoins réels pour viser une performance d’usage. C’est, par exemple, vendre une « capacité à habiter » plutôt qu’un simple monte-escalier ; du confort thermique, plutôt qu’une chaudière…
2 – Vers une performance « robuste »
La rentabilité est indispensable pour perdurer, investir et se développer. En EFC, nous accompagnons le pilotage par l’effet ciseau en développant les ressources immatérielles :
- Consolider les relations de confiance avec les partenaires.
- Développer les compétences individuelles et collectives.
- Soutenir les capacités d’engagement dans le travail et la pertinence de l’offre
La performance repose sur des ressources immatérielles qui peuvent se développer : la confiance, la santé, les compétences et la pertinence de l’offre, de l’organisation.
💡 Contrairement aux ressources matérielles, ces ressources se renforcent à l’usage. Investir dans l’immatériel permet de dégager une rentabilité raisonnée, gage de pérennité face aux incertitudes.
3 – Mettre la coopération au cœur des dynamiques territoriales
La robustesse implique un pas de côté par rapport à la chaîne de valeur classique (qui détruit de la valeur et épuise les acteurs) et la concurrence exacerbée pour construire ensemble des réponses pertinentes.
Par la coopération durable au sein d’Écosystèmes Coopératifs Territorialisés (ECT), les acteurs coopèrent pour prendre en charge des réponses pertinentes dans leur territoire.
💡 Aucun acteur ne peut prendre en charge seul les enjeux du bien vieillir, du bien manger, de la mobilité, de l’habiter….
Ce qu’il faut retenir
Vers la performance d’usage
- Hier (modèle volumique) : Rentabilité assise sur la vente de biens/service, besoins clients superficiels, pression sur les prix et les marges, concurrence exacerbée.
- Aujourd’hui (EFC) : Rentabilité assise sur la solution intégrée et la performance d’usage, réponse au besoin réel et réduction des externalités négatives, consolidation des ressources immatérielles.
La coopération, moteur de la robustesse
- Pas de côté : Passer de la concurrence frontale à la singularisation par le service et la coopération territoriale.
- Action : Co-construire la solution avec le bénéficiaire et les partenaires pour une pertinence maximale.
L’EFC est une « boîte à outils » pratico-pratique pour ceux qui veulent engager un changement de trajectoire par des « petits pas » structurants, sans rupture, mais avec une ambition transformatrice réelle.
Et vous, sur quel levier immatériel pourriez-vous appuyer votre prochain pas de côté ?

